07.02.2007
Where in this together now

Il la prend, par derrière, par surprise, la serre beaucoup trop fort.
Il veut juste la sentir.
L’empêcher de respirer pour la sentir plus vivante après.
Se remplir de son odeur.
Se perdre dans ses cheveux.
L’obliger à la faire glisser par terre, doucement.
L’empêcher de bouger, la caller parfaitement et lui glisser la main dans sa culotte.
(Qu’elle doive s’empêcher de crier, déjà)
(Qu’elle sente son souffle dans sa nuque à en avoir des frissons)
La redresser parce qu’il n’en peut plus.
La pénétrer comme un animal, à même le sol.
La baiser à en perdre la tête.
Et la faire crier encore plus fort.
(Qu’elle soit à lui, rien qu’à lui)
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Les mots sont cons, elle a le sien
Derrière
Mais derrière
Je suis face à elle,
Puisqu'elle a des yeux derrière la tête
Je la prends, par derrière-devant,
Parce que je suis bien obligé d'être là,
Le sexe a de ses précisions
Je rêve d'un autre corps sexué
Heureusement qu'avec elle,
Toute la peau de son corps vibre,
Il y a des points qu'il faut chercher, découvrir, titiller,
"Elle", elle devient ce qu'elle est quand elle
Joue, ici et là, elle prend formes et visage, le sien
Les mots sont cons des vulgaires
Il ne s'agit pas de sexe ici, lorqu'elle aime être baisée
Ecouter ce qu'elle veut, demande, c'est avec lui être plus grande,
Dans l'invisible, elle s'adonne, au culte
20:05 Publié dans Derrière | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
19.01.2007
La fée, c'est ?
Reflexion faite, je dois reconnaître que c'est lorsque ma main est revenue au repos que l'idée est venue, à savoir qu'il y aurait un pont entre la raison et l'irrationnel, une division de la raison qui est irrationnelle, et que, pour rendre intelligible la réalité de "la magie", il faudrait inviter la raison à s'intéresser aux vibrations, aux ondes : maritimes, sonores, physiques, ... Du coup, je me demande si la fée n 'est pas dans la fessée - du coup, je reprends le mouvement...

Je l'ai fait exprés.
Lui résister encore toujours un peu plus.
Et l'obliger à m'attraper une bonne fois pour toute. Qu'il soit obligé de me serrer très fort.
Tomber à terre tous les deux.
Dans la précipitation.
Qu'il me relève aussi vite, pour me caler entre le fauteuil et lui.
Une main coince ma tête dans les coussins pendant que l'autre soulève ma jupe. J'entends son soupir triomphant et m'attends à un assault digne de ce nom.
Mais au lieu de ça, il carresse doucement mes fesses, les embrasse même. Avant de me donner la fessée du siècle…
Il parait aussi que j'ai été particulièrement désobéissante…
09:20 Publié dans Derrière, Sur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.12.2006
Dreamyhim (love songs hivernales)

Je suis parfaitement imbécile
De penser à toi comme ça
Mais je suis devenue bleue de toi
(Comme ça)
C’est dans ta façon de réfléchir
Et quand tu as croisé mon regard,
La dernière fois dans ce bar,
Tu m’a laissé entrer à l’intérieur…
De toi.
Je t’ai vu tout de suite
Quand tu es arrivé
Dans ton grand manteau noir
Tes cheveux blonds de gentil garçon
Ton allure hivernale
À force de faire rêver les filles
(Tellement de filles)
Il n’y a plus de place pour moi
Et toi,
Tu ne sais plus où donner de la tête
Tu me réconfortes
Même séparés par plusieurs frontières
J’ai passé des nuits merveilleuses avec toi
Endormie seule dans mon lit froid
Tu m’obsèdes
Et je ne suis qu’un icelandic fantasme pour toi
Quand nous n’arrivons pas à dormir
Chacun de notre côté
Au même moment
Exactement.
Mon partenaire insomniaque
Qui n’en finit plus de jouer
Avec moi.
Mais quand tu reviendras
Je t’ai promis une berceuse
Pour que tu t’endormes près de moi
Ce sera en hiver,
Peut-être même qu’il y aura de la neige.
Je te serrerai fort contre moi,
Pour te réchauffer.
Et nous pourrons enfin finir ce que nous avons commencé.
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La tête dans la poésie depuis la naissance,
des ânes, essence,
telle une chanson d'Evanescence,
je fais attention que je suis fixé aux mots,
et aux maux,
et homo,
sapiens, sapiens, tant pis, ça me pince, j'en pince,
pour toi,
je fais attention que voilà une pensée de moi à toi,
ceci n'est pas toi, mais une pensée,
à penser, à panser,
la langue dit bien la suite des blessures,
et je n'arrêterai pas mon char, Ben Hur,
la tête dans la poésie depuis la naissance,
j'aspire à en sortir,
finir,
passer la limite des images,
pour m'approcher de l'être,
mais où "es" tu, turlututu, chapeau...
18:40 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.04.2006
Jouet ?

Quel est donc ce sex-toy qui est venu s'ajouter à la panoplie ?
Un poisson d'avril sûrement…
22:00 Publié dans Devant | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.04.2006
Tout est dit dans l'introduction...
"Ce livre propose au lecteur une visite guidée du corps féminin, expliquant ses nombreuses caractéristiques insolites. Il ne s'agit pas d'un texte médical, ni d'une analyse de laboratoire, mais d'un portrait esquissé par un zoologue, célébrant les femmes telles qu'elles apparaissent dans le monde réel, dans leur environnement naturel. La femme humaine a subi des changements spectaculaires au cours de son évolution, bien plus que le mâle humain. Elle a laissé derrière elle beaucoup d'attributs féminins que l'on retrouve chez d'autres primates et, sous la forme de la femme moderne, est devenue un être unique, en tout point extraordinaire. Chaque femme possède un corps magnifique - magnifique dans le sens où il représente l'admirable aboutissement d'une évolution longue de millions d'années. Il regorge d'adaptations et de subtiles améliorations, qui en font l'organisme vivant le plus remarquable de la planète. " Desmond Morris, "La femme nue" (Calmann-Lévy)
Des langages, il y a interpénétrations. Du musée, voilà que la formule "visite guidée" provient, cette fois-ci, pour visiter un musée grandeur nature, disponible pour tous les chercheurs du monde, où qu'ils vivent : le corps-de-la-femme. Desmond prend la précaution de nous avertir qu'il ne faut pas craindre de finir chez le médecin légiste, avec une femme dépecée, ou encore, sur la table de dissection des facultés de médecine. La visite est offerte par un ... zoologue ! Un spécialiste de la vie animale... Voilà qui fera plaisir à Michel (Houellebecq). Et Desmond n'y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il parle de "la" femme : être unique, extraordinaire, organisme vivant le plus remarquable de la planète - mais n'est-ce pas une "connaissance" propre à la science érotique, depuis des lustres ? Je ne sais pas si Desmond va m'expliquer cette ressemblance de parfum, de l'eau océane et iodée, avec celle qui s'écoule du... lorsque... (les experts et expertes de la science rempliront les blancs). Enfin, je commence seulement la lecture de "La femme nue", première page de l'introduction, et je suis déjà saisi par les sous-entendus riches du vocabulaire. Si l'affaire se poursuit ainsi jusqu'à la page 296...
15:33 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.03.2006
Ode aux poils

Poil féminin tu es banni parce qu’on a décrété que tu étais sale.Mais où sont les vrais hommes qui n’avaient pas peur de te toucher, de t’écarter, toi le gardien du temple, afin de découvrir le mystère que tu sais si sauvagement garder ?
Toi seul sait mettre en valeur le bouton du plaisir, l’entrée telle une liane dans la forêt du monde caché, celui de l’amour, celui de la vie. Est-ce donc pour cela que l’homme veut jalousement d’évincer ? Qu’il veut être le maître absolu de ce passage obligé ? Qu’il veut de façon prétentieuse prendre ta place ?
Tu signifies, en apparaissant timidement sur les jeunes filles pubères, le passage au monde adulte. Tu leur donnes la fierté de devenir femmes. Et celles-ci te déshonorent en cherchant par la suite à te faire disparaître oubliant le bonheur qu’elles avaient connu en te voyant prospérer sur leur mont de vénus.
Tout ça pour quoi ?
Pour être à la mode ?
Pour le bon plaisir de l’homme ?
Pour redevenir la petite fille qu’elles étaient avant ?
Ton absence sur le pubis crée un déséquilibre esthétique pour le corps d’une femme dans sa globalité. Le triangle magique qui a longtemps fait fantasmer, qui a su sauvegarder le mystère de la féminité ne peut pas être évincé si facilement… Eh non, il repousse indubitablement et naturellement.
Cultiver son « gazon maudit » est une fantaisie amoureuse : le dessiner, le défricher, le fertiliser, découvrir chaque jour les trésors qu’il cache… Mais transformer son jardin naturel en vulgaire terrasse goudronnée non confortable et sans surprises… Quel manque d’imagination.
Non, le poil n’est pas sale, il donne la vision du désir, il laisse s’évader l’odeur de l’amour, il dessine la sueur de l’ardeur, il caresse les corps, il garde la chaleur du brasier, il est l’appel même de la passion.
Femmes, ne laissons plus notre gazon sauvage disparaître au profit d’une standardisation !
Hommes, ne copiez pas bêtement ce que font les femmes, surtout quand ce sont des modes pathétiques!
Poils, le naturel reviendra au triple galop !

Sérieusement.
Le poil est, toujours, à gratter, car il a de la mémoire. Que nos dames ne sont pas-encore-des-déesses, mais des cousines de Chita, des femelles primates. Singeons-nous les uns les autres ?
Sérieusement, il y a poil et poil. Et puisque Charlotte veut mettre les pieds dans le plat, il y a pubis et pubis ! Adresses, identités, caractéristiques, je n'irai pas faire ici plus de publicité à tant de mystères déjà éclaircies ! Surtout que la comparaison saute aux yeux : cordes musicales, et le vide, la résonance des gestes, de la pression sur les cordes, les poils qui font lever le vent d'un chant universel, Extase ! Situation bien unique..., car qui d'autre a besoin de poils pour vibrer ? Autre perception : il tient à distance, crée une distance, pour que le mâle ne soit pas trop près, et pas nécessairement père. Sinon, vous pourrez m'expliquer – pourquoi les gazons cultivés ne sont jamais teints, je veux dire, de couleur ? Rouge, bien sur, mais aussi, rose, forcément, ou bleu, comme l'azur ? Tiens, je crois que je viens d'inventer un nouveau «service» du capitalisme esthétique, il faut que je pense à déposer, tel un Ardisson, le concept à l'INPI !
Pardon, je ne veux pas finir sur une telle grossiéreté... Une question, indiscrète : avez-vous une brosse spécialement dédiée à... ?
12:45 Publié dans Sous | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
24.02.2006
Mario et Marion ne sont pas nets


A quel point les adultes ne font pas tomber les enfants dans l'enfance, ou dans l'infantilisme ? Que ce soit, lorsque j'étais «enfant», ou plus tard et maintenant que je suis «adulte» (un vilain gros mot de la langue académique), combien de fois ai-je vu des «grands» prendre les «petits» pour des billes, alors que les enfants comprennent très bien... Un des subterfuges pour faire croire à la réalité des histoires, des contes, consiste à les mimer, et il y a pour cela le spectacle de marionnettes. Deux choses, au minimum, ou poupées, inconsistantes, «mortes», à qui une voix donne la parole, et la vie, et le mouvement, et voilà... Guignol. Pendant quelques minutes, les enfants croient que les poupées représentent une personnalité à part entière et... La «manipulation» est parfaite, si les enfants croient, «jouent le jeu», entrent dans un monde entièrement «virtuel» (le virtuel existe donc depuis des lustres). Les grands adorent voir les enfants «jouer à la poupée» - cadeau de Noël majeur, cette année les Bratz ont terrassé Barbie, et Tecna était en rupture de stock – de coke en stock... J'imagine deux poupées, toi et moi... Déjà, des poupées hétéro, c'est rare – c'est fou comme les sexes ne se mélangent pas dans le monde des poupées ! Et dire qu'une maman catho est très contente de voir sa fille faire jouer ensemble Tecna et Barbarella, alors que, dès qu'elle a le dos tourné, Barbarella roule une taloche à Tecna ! J'imagine deux poupées, toi et moi, et une voix qui dit :
-
Bonjour toi ! Te voilà enfin !
-
Bonjour toi ! Ce n'est pas de ma faute, je n'avais pas fini de m'habiller ! Je ne trouvais plus mon voile !
-
Ah oui ! Et pourquoi ? Tu étais assise dessus ?
-
Non ! Il était dans ma poche, je m'en suis servis comme mouchoir, parce que l'autre jour, tu m'as fait tellement rire, même pleurer de rire...
-
Tu as lavé tes émotions lacrymales dans un saint voile, mais tu es...
-
Oui, justement, n'est-il pas destiné précisément à cela, pleurer ?
-
Et pourquoi ?
-
Parce que je suis obligée de le porter !
-
Oui, mais ainsi tu te protèges du lucre, du vice masculin
-
Ah ! .......................... en tout cas, il ne me protège pas de mes pensées...
-
Ah ! Et à quoi penses-tu ?
-
Que tu parles, tu parles, au lieu de me dévoiler... là, vite, tout de suite...
-
Mais...
-
Personne ne nous regarde...
Et là, les deux poupées se jettent l'une sur l'autre – l'assistance sourit (on entend quelques protestations, une voix dit : ha ! Là, à que barbe lui manque). Le principe ventriloque a encore frappé. Je me demande parfois qui parle dans mon ventre... - et si quelqu'un a parlé dans le ventre du Prophète, un petit diable – et qui parle à sa place ? Je sais que le Président Iranien ne sort jamais-sans-ma-poupée, une effigie visible-invisible du Prophète, et il est un excellent ventriloque, «Le Prophète a dit... euh... qu'est-ce qu'il a dit... il a dit...». Il faudrait que les enfants apprennent à se méfier des grands. Parce que je trouve que les grands font jouer les enfants à des jeux drôlement dangereux...

La poupée est bel et bien la projection de l’enfant qui la possède. Je me souviens encore très bien des jeux de poupées quand j’étais petite. Quand c’était un poupon on faisait la maman avec ma petite sœur, et quand c’était les Barbies on leur inventait des histoires autour de scénarios tournant toujours sur les relations entre chaque poupée. On construisait un monde autour de tous les éléments (robes, accessoires, meubles, etc…). Et lorsqu’on n’avait pas nos Barbies on figurait des personnages avec n’importe quoi d’autre: Des petites voitures, des pions d’un vieux jeu d’échec de mon père, des bibelots de ma mère qui traînaient dans la maison… Mais le scénario partait toujours dans le même sens : Les relations humaines… qui se terminent en relation cul. Pourquoi ? Parce que les petites filles courent après leur prince charmant, de plein de manières différentes. Elles s’inventent tout un tas d’histoires pour s’exercer à l’amour. Elles fantasmes à ce qu’elles feront, ce qu’elles seront quand elles seront plus grandes… Comme une petite fille peut fantasmer sur les seins qu’elle aura un jour en se caressant la poitrine. Tout cela en pleine innocence bien entendu. Mais c’est un fait.Mettre un voile sur une poupée devient une véritable aberration parce qu’il court-circuite les fantasmes, les pensées des petites filles dans l’apprentissage de leur sexualité. Par mimétisme le voile indique déjà une soumission extrême (nous parlons d’enfant tout de même). Cela implique de se cacher (de cacher des futurs parties "sexuelles" de son corps), cela implique de formater déjà un corps (et donc un esprit) qui n’est même pas fini d’être formé, ni d’être "fini" vers un être adulte. C’est donner à un enfant une dimension sexuelle avant même qu’il ait commencé son adolescence, avant même qu’il ait senti les effets hormonaux de la puberté…
Le voile est un signifiant direct de la religion musulmane. Et toutes les femmes qui ont vécu la pression religieuse (pas seulement musulmane) peuvent comprendre ces images mystiques et négatives sur le sexe féminin qui les poursuivent par la suite toute leur vie. Je n’ai jamais eu à porter le voile. Chahdortt Djavann, iranienne, oui. Et son discours ne tolère aucun compromis à ce sujet: "Pour l’islam une femme n’est pas faite pour avoir du désir, elle est faite pour être l’objet du désir des hommes. Elle est donc l’objet potentiel du viol, du péché, de l’inceste (…). Bref elle est la culpabilité en personne, puisqu’elle crée le désir, lui-même coupable, chez l’homme. Et l’honneur des hommes musulmans se lave avec le sang des femmes."
C’est donc pour cela que les pères musulmans (et les mères) préfèrent que leurs filles comprennent rapidement l’aboutissement de leur condition…
"Bas les voiles !", de Chahdortt DJAVANN, chez Gallimard (2003)
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22.01.2006
L’arroseur-arrosé
C’était à l’internat, juste avant le dîner, Je me vois encore dans sa chambre. Je l’avais suivi parce que c’était un beau gosse, même s’il ne me plaisait pas tant que ça. Je voulais juste savoir comment il se comporterai avec moi, je voulais le voir se lâcher. C’était un garçon qui se la jouait un peu avec ses amis, et qui était plutôt réservé une fois seul, d’ailleurs il n’avait pas grand-chose à dire, ou tout du moins, ça ne m’intéressait pas tant que ça. C’est surtout ma curiosité qui m’a poussée à le suivre. Il était froid et distant, et il m’a fait comprendre que ça devait aller vite. Je ne comprenais pas à l’époque, parce que, de mon côté, cela aurait pu durer des heures. Bien sûr que j’avais senti qu’il y avait un truc qui clochait, mais j’ai choisi de rester.
Il a ouvert la fermeture éclair de son pantalon, sorti son sexe. J’ai regardé la tête qu’il faisait. J’aurais voulu me dédoubler pour le sucer et me voir le sucer en même temps. J’ai commencé par passer le bout de la langue, doucement, mais il m’a guidé très vite à l’essentiel. J’ai donc compris, de façon très maladroite, que le désir masculin était franchement différent du mien, en général bien sûr. J’ai été de plus en plus vite, tout en le regardant s’abandonner enfin, il fermait les yeux dans une extase et j’ai senti son sperme dans la bouche. Ne sachant que faire, j’ai avalé poliment le cadeau qu’il m’avait fait. J’avais lu des livres sur le sujet, mais quand on passe à la pratique, ça n’est jamais pareil. C’était la première fois que je faisais ça.
Le temps de réaliser ce qui s’était passé, il se rhabillait en vitesse. Il m’a regardé, vindicatif. Ce n’était plus la même personne. Dans un élan schizophrène, il m’a dit : "Casses-toi maintenant !". Je l’ai regardé avec sagesse, et suis sorti de sa chambre en souriant. La porte s’est refermée en claquant derrière moi. Là, m’est revenu une phrase que me disait ma mère : Ne jamais faire confiance à un garçon, ils sont très gentils jusqu’au moment où ils parviennent à leurs fins et montrent après leurs vrais visages. J’ai hurlé de rire toute seule dans les couloirs de l’internat. J’étais plutôt satisfaite à l’époque d’avoir compris d’abord que ma mère avait tort, et qu’ensuite, dans cette histoire, il y avait un arroseur-arrosé et que, contre toute apparence, c’était loin d’être moi.

Je pourrais répondre, par un jeu de miroirs. Où et quand j'ai donné pour la première fois ce qu'Amadeus appelait le jeu de cuni-spuni... (c'est Philippe Sollers qui raconte ce détail dans son "Mystérieux Mozart, un livre qu'il faut lire); et si la belle m'a jeté après que la vague l'eut emporté. Dans ce cas, je dois reconnaître que les femmes remercient, si le plaisir fut, en sus, conséquent, et même s'il ne le fut pas, elles n'iraient pas insulter et virer le malotru. Mais il faut bien assumer en face l'être-masculin pas-encore-emasculé. Pourquoi cette histoire ne nous surprend pas dans sa triste conclusion ? C'est que le mâle est, avec son filet blanc, ridicule. "Son" plaisir dépend de la projection, mais la projection est une fin-en-soi, et pour lui, tout est fini. Construit biologiquement, en apparence au moins, sur l'aide-jack, l'instant est fugace, et "le blanc enfant d'une sirène", comme l'appelle Mallarmé, le quitte pour... Sans compter que les adolescents ont un "nouveau" corps dont ils ne savent que faire. Leur gestuelle est un monde en soi à observer. Ils ne savent comment se tenir, ... Et c'est pour cela que bien des jeunes adolescentes recherchent des hommes "mûrs"... Quant à ce que votre mère vous a "appris", je suis incapable de la démentir. En somme, nous revoilà sur les bases classiques de "l'incompréhension" masculine et féminine..., sur la lâcheté et la nullité de quelques mâles, sans doute assez nombreux. Mais votre amoureux est la preuve que - et je crois que moi et quelques-autres... Et que croyez-vous qui me procure le plus de plaisir entre ce que vous avez fait à ce jeune homme et cuni-spuni ? Mon plaisir peut advenir de votre plaisir... Les échanges aqueux établissement bien le principe de l'arroseur-arrosé, mais heureux...
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08.01.2006
L'antre de l'entre, à deux
Tu m'avais donné rendez-vous, place d'Italie. Je tournais en rond comme un lion en cage. Il faut dire que tu revenais d'Afrique. Tu as surgi, de la bouche de métro, c'était un signe. Tu étais amaigrie, par les fortes chaleur du Harrar. Tu m'as demandé si je voyais un inconvénient à t'accompagner dans un magasin de vêtements. Je regrettais qu'il ne fut de lingerie, mais tu étais si mal fagottée qu'il fallait bien entrer dans l'une de ces boutiques sans âme, logologisées. Tu choisis un manteau sombre et triste, donc comme toi. Et puis après, nous prîmes un café. Premières retrouvailles, après 14 ans d'abstinence et de silence, puisque tu étais, tu es une folle. Nous étions complices, d'un futur gigantesque casse du siècle, la culbute de la réalité. Une heure et demi plus tard, nous laissions ce no mans land enfumé et triste comme Paris aujourd'hui. Nous marchions. Tu souriais. Nous retrouvions la bouche de métro, au rendez-vous d'un nouvel adieu. Je m'apprêtais à me retourner vers ce chemin où tu devais impérativement disparaître lorsque tes yeux commencèrent la cérémonie de la supplique, ton âme appelait en silence. Tes yeux se plissaient doucement; tu demandais quelque chose... Tu te rapprochais. Nos visages étaient si près. Tu ouvris la bouche largement... et je fis comme toi, face à toi, sans me rapprocher. Tu tendis la tête vers moi pour que nos lèvres... Je reculais. Tu avançais. J'avancais, tu reculais. Nos haleines se suivaient, et nos regards étaient pour l'autre, là où tu es, "dans". Le temps ne suspendit pas son vol, mais nous le pensèrent néanmoins. Les années s'écrasaient sur ces instants. Quelques minutes devenaient des siècles. Et puis ta bouche frôla enfin mes lèvres..., tu attendais que la cerise pince tes minces roseurs. Nous nous embrassâmes ainsi pendant de longues minutes, mais toujours avec cette étrange distance qui nous unit et nous sépare à jamais. Entre toi et moi, il y eut, il y a, et il y aura, toujours, l'espace dû...

J’avais 17 ans quand nous nous sommes rencontrés à Marseille cet été-là. Quelque chose s’est passé. Il était une de mes âmes sœur. Nous avons filé le parfait amour pendant deux semaines… Le temps des vacances. La séparation a peiné tous nos amis plus que nous, nous étions devenus un de ces couples mythiques. J’avais conscience que ce n’était qu’un amour de vacances, mais je savais que je perdais quelque chose aussi. Il habitait Dijon et moi Maubeuge… C’était plutôt mal barré.Le premier mois, on se téléphonait tous les jours, le deuxième mois, avec la rentrée des classes, les appels se sont espacés. En octobre je commençais à déprimer, en novembre je lui envoyais une lettre de rupture. Enfin, si on pouvait parler de "rupture" puisque nous étions séparés de plusieurs centaines de kilomètres.
Etienne, c’était son nom, a mal prit la chose, forcément. Il pleurait au téléphone. Ses amis m’appelaient pour tenter d’arranger les choses. Moi, malgré ma profonde inexpérience concernant l’amour, je trouvais qu’il n’y avait rien à arranger et mon intuition me rappelait sans cesse que j’avais un corps, jeune, ardent et plus que frustré par cette séparation forcée.
Je l’ai sincèrement aimé pendant près de trois ans, sans jamais le revoir.
Puis j’ai rencontré mon plus grand chagrin d’amour, Fred le tendre, nous avons vécu un an ensemble. Nous nous sommes aimés et haïs, et je ne lui ai plus jamais adressé la parole (comme une drogue qu’on n’a plus le droit de prendre). J’ai donc soigné cet échec en partant enfin et pour la première fois à Dijon retrouvé cet autre échec pour le transformer en une chose belle et positive. Je n’avais prévenu personne, je courais rejoindre cet ancien amour, laissant juste un petit mot derrière moi et mes amis et ma famille inquiets de ne pas savoir où j’allais exactement. J’avais 20 ans. Je suis arrivée par le train à Dijon avec deux sacs à dos et son numéro de téléphone. Quand je l’ai appelé, il ne savait pas quoi dire, il n’a cessé de répéter : c’est pas possible, j’y crois pas… Il est venu me chercher, ses yeux étaient les mêmes. Il vivait seul avec sa mère près d‘une splendide cathédrale perdue au milieu de nulle part. C’est là, au milieu de la campagne enneigée, que j’ai compris que j’avais bien fait de partir, mais que c’était surtout pour me retrouver moi, et personne d’autre.
Le soir, j’ai rejoint Etienne sous la douche, comme la première fois où nous étions tombés amoureux, il bandait encore et, cette fois, nous avons fait l’amour. Je suis repartie trois jours après. On ne s’est plus jamais revu… L’histoire était finie avec lui et bel et bien fini aussi avec Fred. Je suis rentrée chez moi le cœur léger.
17:40 Publié dans Entre | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
